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Mai 2017

MAI 2017

Dans la vie nous n’avons pas besoin des autres.
En vrai, on peut se débrouiller tout seul, vivre dans une yourte et se lever chaque matin en faisant des doigts d’honneur au soleil.
Mais faut avouer que ce n’est pas tellement sexy.
Quand pendant l’entre deux tours (alors qu’on ne va pas se mentir, vous me faites tous chier à pourrir internet de vos opinions politiques), je vous vois écrire « les gens sont des cons », « qu’ils se demerdent », et que je vous entends encore « si c’est ça je me casse », ça a le don de profondément me faire de la peine.
Les gens ne sont pas cons. La société n’est pas morte. Tout le monde est désespéré.
Et quand on est désespéré, on ne laisse pas les gens se demerder.
J’ai envie qu’au lieu de gueuler comme des cons sur Facebook, Twitter, ou dans le métro, on se mette à la place de l’autre. Qu’on se dise que c’est pas normal, qu’on écoute un petit peu. Je sais pas, vous pensez vraiment qu’en hurlant sur les gens vos opinions, ils vont se dire « non mais carrément, je reviens sur ce que je dis, ils ont raison ? »
J’ai envie qu’on fasse un peu attention aux autres, qu’on essaie de comprendre, qu’on ne soit pas défaitiste. Il y a plein de choses à faire. Des trucs optimistes. Des trucs pour aller mieux.
Et surtout, faire un peu attention aux autres, c’est faire des choses qui cassent les couilles, mais qui sont mieux que de ne rien faire du tout.
Je ne vous dirais pas pour qui voter, ou si il faut voter. Je dis juste que si on arrête la bienveillance, si on pense qu’à chaque fois qu’on parle et qu’on n’est pas écouté, on se braque et on commence à bouder, on ne s’en sort pas. Oui, faites des trucs qui vous font chier. C’est comme ça aussi que ça marche une société.
Acceptez qu’on pense différemment de vous. Et que ce n’est pas « bon » ou « mauvais », mais juste « différent ». Renoncez aux insultes mais pas au dialogue. Soyez gentils. Ayez le cœur pur. Et n’arrêtez jamais de vous impliquer, de militer, de vous battre pour vos idées, de faire les choses pour les autres.
En espérant que le 8 mai, on n’ait pas à tous faire des doigts d’honneur à nos voisins.

On garde la confiance. Le sourire. Ça nous sauvera.
La bise

Marine (la gentille hein, pas l’autre)