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AVRIL 2016

Un mars et ça n’a failli pas repartir.
Mars, c’est pour moi le dernier kilomètre d’une course suprachiante, celle contre l’hiver. Franchement t’en peux plus, ton moral moisit dans tes chaussons, tout ton corps pâle et mou hurle « MAIS PUTAIN LE SOLEIL IL REVIENT QUAND », comme si c’était ce mec super beau parti chercher des clopes et qui n’était finalement jamais revenu.
D’habitude, je gère super mal cette partie de l’année. Et là, je pavanais comme une conasse, parce que je trouvais que je m’en sortais drôlement bien. Bravo Riri, à la veille de tes 30 ans, t’as vu comme tu gères ? Sérieux, j’ai même pas chialé, je ne me suis pas réfugiée dans le Galak ni ne me suis terrée au fond de mon lit. UN SANS-FAUTE LES MECS. J’avais enfin réussi à prendre le petit virage de mars tranquille Emile, sans sortie de route, un peu comme si je conduisais sans les mains sur la piste arc-en-ciel de Mario Kart.
Et puis, aux alentours du 20, tout est parti en sucette, sans que je fasse vraiment gaffe. Mon mois a fait une Anna Nicole Smith, j’ai complètement merdé et j’ai foncé droit dans le bas-côté, dans un YOLO aussi nul que nihiliste. Et comme en plus, on est plutôt solidaires chez Retard, on a toutes pris le train de la lose pour finir accidentées sur le bord de la route à attendre que Europ Assistance nous rappelle.
Le premier avril, après un gros ras le bol, on a donc raccroché, appelé la petite dépanneuse de la vie et de la meuf cool et on sort au fur et à mesure du trou. On se dépoussière, on se met un coup de mascara, et on prend le taureau du printemps par les cornes. On va écrire à blinde, on prépare de nouveaux projets (oui on s’est toutes redit qu’on s’aimait chez Retard, on a eu le temps en attendant la dépanneuse, du coup ça va mieux et on a plein d’idées), on va organiser toutes les teufs du monde et on va être mégabonnes. Si l’hiver nous a foutu un dernier taquet, t’inquiète qu’on va te dresser, connard de printemps. Tu vas devenir un petit chien à sa mémère, tu vas rien comprendre.

Bon courage à toi aussi, petit amour de lecteur. J’espère que tu t’en es mieux sorti que nous, et n’oublie pas : si tu as chié sur ton hiver, tu peux aussi apprivoiser ton printemps. C’est que le début. Mille bisous,

Ton amie RIRI OUAIS OUAIS KESSTA