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lundi, 12 décembre 2011

(B)ESOIN (D)’IMAGES – Episode 3

SHUT UP CRIME. Sans déconner vous avez déjà vu le film Super de James Guun ? L’histoire du pauvre Frank (Rainn Wilson), cuistot dans un diner pourri, qui après s’être fait salement plaquer par sa femme junkie (LivTyler) trouve un nouveau sens à sa vie en devenant un super héros sans super pouvoir mais avec un super envie de SHUT UP CRIME…. Non ? Là il rencontre une geek hystéro qui travaille dans une boutique de bande dessinée (Ellen Page EPOUSE MOI), elle va devenir la version leader price de l’alliée que serait Robin à Batman. Toujours pas ? BON OK :

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Vous voyez à 0’’35 on est dans le comics shop de Libby (Ellen Page), un capharnaüm de BD, romans graphiques, affiches bizarres, nerdsen chaleur/coma…. C’est le bordel, mais Libby connait sur le bout des doigts jusqu’à la parcelle de poussière qui recouvre le comics N°3 Vol.1 édition 1991de Ghost Rider.

Moi dans la vraie vie j’ai rencontré Joe. On errait sur l’avenue College Street de Toronto avec Amandine et Emilien, et on est tombés, comme ça, sur sa boutique. C’est Katleen qui nous a accueilli, une Ellen Page avec les cheveux courts, elle parlait très vite avec les yeux écarquillés par la passion.

Dragon Lady Comics que ça s’appelait.

La boutique

Moi j’étais perdue, c’était trop de couleurs, de choix, de titres et de couvertures hallucinantes. Je me suis alors mis comme mission de sauver quelques pauvres comics perdus au fond d’un carton, vendus 50cents chaque. C’est comme les vinyles de Rika Zarai et Thierry Le Luron que j’avais trouvé par terre à St Ouen, WOW les gars on laisse pas pourrir ces reliques par terre bordel !

Pendant ce temps là Amandine était en train de faire pipi dans sa culotte (l’excitation et la joie) en parcourant tous les vieux playboy set vogue des années 60. J’ai demandé à Katleen si je pouvais prendre quelques photos, laquelle m’a répondu « i gonna tell to the BOSS », et là, Joe est apparu. Un vrai personnage de film. Une carrure pour le moins imposante,des lunettes et des tâches de gras sur son tshirt, j’étais dedans, ça y est, SUPER.

On a commencé à parler de la boutique, de lui, qui y passait le plus clair de son temps (à coup de 75 heures semaine), et puis de la BD. Il trouvait ça marrant que je m’y sois mise si tard, et j’en ai conclue plus tard que j’avais peut-être grandi, que j’avais enfin compris que c’était le parfait point de rencontre entre la littérature et le cinéma. Comme une faculté qu’aucun des deux n’a de capter une action figée et découpée de l’histoire.

Joe dans son bureau

Joe a fait des études dans le théâtre, il parle un peu français, et a 10 fois plus d’amis sur facebook que vous et moi réunis. Ilm’envois d’ailleurs souvent des trouvailles super cool de titres sixties, ettient un blog : http://papajoemambo.livejournal.com qu’il truffe de références et découvertes de bon goût. Ca m’a toujours impressionné ces gens là. Qui te sortent des perles du dessous des aisselles deta cousine, et ouaou ça sent bon (est-ce que j’ai avancé un jour que mes métaphores étaient bien filées ? non.)

Alors après avoir évoqué Charles Burns, Daniel Crowes et la belle bédé belge, on en est enfin venu à parler de ces types de Toronto. Des gars qui m’ont mis une grosse tarte dans la figure.

 

KENK. Tout part d’une légende urbaine, l’histoire d’un type, Igor Kenk, vieil émigré yougoslave au sombre passé communiste, propriétaire d’uneboutique de vélo à Toronto, à l’origine du vol de pas moins de 3000 bicycles.En gros si ton vélo disparaissait dans la nature, la police te suggérait cordialement d’aller jeter un coup d’œil dans la boutique d’Igor car il y avait 2,5 chances sur 3 de l’y trouver. Igor avait aussi une petite armée de voleurs,des gamins paumés qu’il payait avec de la came. Mais Igor était charismatique, affolant l’utérus des filles, pianiste accompli, un justicier autoproclamé des deux roues, un amoureux exclusif. Jusqu’à son arrestation en 2009.

Deux jeunes types, Alex Jansen et Jason Gilmore sont allés le shooter avant ça en 2007, dans l’idée déjà de créer un roman graphique. L’équipe s’agrandit un peu plus tard avec Richard Poplak à l’écriture et Nick Marinkovitch à l’illustration. De leur shooting footage naissent des images d’Igor photocopiées, gravées, maltraitées et re-photopiées, gravées… etc La photocopieuse, vieille copine des artistes activistes yougoslaves des années 80s.

En résulte un assemblage d’archives, des dialogues retranscrits à partir de la pellicule, avec une technique complètement Lo-fi. Un portrait bricolé sous forme documentaire. Hallucinant.

Pour en savoir plus, va donc checker leur site, il est bien foutu http://kenk.ca/news/  

Et puis j’ai dit aurevoir à Joe, avec mon nouveau butin sous le bras, un jour je serai bilingue, et je reviendrai pour disserter avec lui sur la théorie de Scott McCloud selon laquelle la Bédé est un mal aimé des arts graphiques. Un peu que je veux mon neveu. 

Le butin

Ophelie

Ophélie est née en 1988 et un super putain de vélo. Leader de groupes de filles aussi ultra classes ( Fury furyzz et Mercredi Equitation), la jeune donzelle au casque d'or dorénavant chroniqueuse radio et constellée de tatoo fait parfois un peu flipper. Elle crie fort, quand même. Mais au cas où, rappelle toi ces propos: elle fait les soldes chez Jennifer, et possède la larme facile à l'écoute d'un bon vieux titre de son cd de dance machine 2001. Un coeur en chamallow on t'a dit.