RETARD → Magazine

mardi, 11 octobre 2011

(B)ESOIN (D)’IMAGES

Tout était pourtant prédisposé depuis le début à ce que je mette à la BD. Un goût prononcé pour les livres avec des images, ma méthode de lecture Boule et Bill au CP, tous les samedis matin devant Batman sur F3, les parents de ma meilleure amie qui détenaient une collec pharamineuse de comics dans les toilettes, et les supers pouvoirs que je donnais à tous mes amis imaginaires. Non malgré tout ça, j’étais passée entre les mailles du filet. 

Certes il n’y a jamais d’âge pour s’y mettre, mais là, il était vraiment temps de provoquer les choses. Alors c’est comme quand on s’inscrit à la salle de gym, ou qu’on rentre pour la première fois à la fac, on ne sait pas vers où aller, ça fait même un peu peur, on se sent pas trop à la hauteur, et on sait qu’on va en chier. Mais au fond, notre vœu le plus cher c’est quand même de pouvoir être aussi à l’aise que Roger qui nous montre ses pecs  à la muscu, et Blandine qui fait des fiches répertoriées par couleurs.   

Je me devais de faire partager mes premiers pas dans le fol et gargantuesque univers qu’est la bande dessinée, peut être par pur plaisir d’humiliation publique devant les connaisseurs, ou alors peut être parce que je suis une fille sympa qui aime partager avec les gens en retard.  Darling choisis ton camp, tu profiteras dorénavant de mes découvertes.   

EPISODE  1 :

Aujourd’hui, je vais boire le café avec un joli garçon, c’est bien agréable, et puis il a une course à faire, il doit s’acheter un livre parce qu’il ne peut pas vivre sans livre, c’est décidément un joli garçon. Je l’accompagne, c’est l’occasion de refaire ma bibliothèque parce que pour le moment sur l’étagère y’a une cartoville de Montréal, et un magazine OOPS d’il y a 2 mois acheté à l’aéroport. On s’arrête au rayon BD, monsieur s’y connait, et telle une vierge effarouchée je lui laisse l’occasion de se comporter comme un chevalier portant secours à mes lacunes bédesques. C’est bien simple, depuis le baiser de Tobey Maguire dans Spiderman le film,  je sèche sévère. Je repars avec BLACK HOLE de Charles Burns sous le bras. Les dessins de ce type me sont familiers, la pochette de Fever Ray c’est bien ça.

Fever Ray - Seven

RETARD → Magazine - Fever Ray - Seven

CHOC. Les années 70, l’adolescence américaine, une maladie vraiment bizarre « la crève » qui s’attrape sexuellement, cet océan de spleen en noir et blanc et la rage d’un corps qui se transforme monstrueusement. Comme attirée par ce trou béant, une plaie vraiment profonde et sale, je pense au sexe, toutes ces premières fois, et pleure doucement mes histoires chaotiques de jeunesse. Black Hole, c’est cette sombre forêt où l’on cache la désolation du monde aliénant et le fantasme de l’amour qu’on voudrait garder pour toujours.  

  

La première passion cruelle et sans couleur. 

  Je suis retournée plus tard dans un formidable shop de comics à Toronto dont je vous parlerai plus tard, pour tomber sur d’autres de ses romans graphiques et cette fois-ci la claque je l’ai prise en color version : Big Baby et Toxic, purs chef d’œuvres visuels. La route n’est pas finie, suite au prochain épisode.

Ophelie

Ophélie est née en 1988 et un super putain de vélo. Leader de groupes de filles aussi ultra classes ( Fury furyzz et Mercredi Equitation), la jeune donzelle au casque d'or dorénavant chroniqueuse radio et constellée de tatoo fait parfois un peu flipper. Elle crie fort, quand même. Mais au cas où, rappelle toi ces propos: elle fait les soldes chez Jennifer, et possède la larme facile à l'écoute d'un bon vieux titre de son cd de dance machine 2001. Un coeur en chamallow on t'a dit.