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jeudi, 09 avril 2015

CANDIDE AU PAYS DES SACS À MAIN

Par
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Comme chaque jour, j’étais dans le métro parisien à regarder les gens sans insister, musique dans les oreilles. Je scrute, constate, m’arrête sur un détail et puis, je généralise une question à la con.

Ce jour là : C’est quoi leur délire aux filles avec leur sac à main ? Y’a quoi dedans ? Pourquoi les hommes n’en portent pas ? Et tout d’abord, existe t-il une seule fille sur Terre qui n’a pas de sac à main ?

Parce que franchement, si elle existe, ce jour là, elle ne prenait pas le même métro que moi.

Ni une, ni deux, en tenant chaudement une question comme celle là, j’attrape mon portable qui, moi, est dans ma poche, et j’envoie un sms à ma meilleure pote (en lui demandant discrètement par la même occasion si ça ferait un article intéressant pour Retard, le magazine pour lequel elle bosse dur). Elle me répond que c’est un truc qui doit se transmettre de mère en fille sans doute, parce que sa maman lui a appris à ne jamais sortir sans sac.

Ceci dit, les petites filles n’ont pas de sac. Sauf sans doute, les mini miss. Elles le font exprès celles-là à toujours vouloir être les seules exceptions confirmant toutes les règles des enfants.

Bon, y’a donc un truc social derrière ça.

Peut-être que ça les fait se sentir en sécurité, qu’elles ont l’impression de sortir à poil quand elles sortent sans un sac, comme moi, sans ma montre.

Parce que c’est ce qu’il y a dedans qui les rassure.

Alors quoi ?

Perso, tout tient dans mes poches : Portable, briquet, porte-feuille, stylo, clefs et c’est parti pour l’aventure – même, sans bite, et sans couteau.

Ok, je sais ce que tu vas dire. Que j’ai de la chance d’avoir des poches, parce je ne porte pas de robe ! Mais en fait, à part ce symptome du « au cas où », je ne vois vraiment pas où est le souci.

Au cas où : Du maquillage si on va en boîte, des mouchoirs si on pleure, une bombe lacrymo si on croise un enfoiré, des capotes si on finit avec un enfoiré, des tampons SI JAMAIS, du pop corn fait maison dans un tupperware, si on va au cinéma, un talkie walkie si c’est la fin du monde… mais seulement à base d’un « au cas où » !

Disons alors que les filles sont donc prévoyantes, quand moi, je les généralise bêtement comme ça. Ou alors, elles essaient de justifier l’existence de leur sac, de le rentabiliser.

Du coup, après son fond, arrêtons nous un peu sur sa forme.

Montre moi ton sac et je te dirai qui tu es :

-          Le tote bag, pour la bobo qui veut représenter son asso culturelle

-          Le Louis Vuitton, qui prouve que t’as de la thune, mais cible efficace des picpockets de Saint Laz

-          Le faux Louis Vuitan, cible pas du tout efficace des pickpockets, et tant mieux pour elles, bichettes

-          Le petit sac en cuir, en bandoulière, chopé en frip pour la meuf qui a déjà sa place pour le We Love Green 2018

-          La pochette, mais ça, ça doit se porter que pendant les soirées auxquelles on ne m’invite jamais

-          Le sac banane qui matche avec les Fila de la meuf normcore

Et des clichés comme ça, j’imagine qu’il y en a encore beaucoup.

Comme chez nous, remarque.

Bon, j’avoue, le seul truc que je peux vous dire, c’est : Bravo.

Franchement, c’est courageux, comme d’habitude.

En été, ça doit tenir chaud, faut jamais l’oublier en partant de soirée, faut faire la queue et payer pour le laisser au vestiaire, et surtout, quand tu te traînes un mec, il en profite pour y foutre ses clefs, son sweat et sa lourdeur.

Alors, surtout : Merci.

Tant que j’écris pas des trucs à la con style «  le sac = le vagin » (mais seulement selon une certaine philosophie), fais moi un petit sourire quand tu liras mon article. Je te taquine. La besace secrète, en fait, c’est charmant, comme finalement tout ce qui est secret chez toi, chère Mary Poppins.

Au final, ce que je sais, c’est que l’homme n’a pas le sens du beau du sac.

C’est pour ça qu’on s’aime mais qu’on ne se comprend pas, je crois.

On n’est pas tous des connards.

En fait, seulement ceux qui portent un baise-en-ville sont des connards. Clin d’œil.

La voix de ma station de métro me réveille de ce cour magistralement masculin. Retrouvez ma prochaine leçon à propos des chaussures des filles, allant de la UGG à la Stan Smith. 

Martin

Martin est né en 1988 et adore les pinces à dessin. On l'a rencontré grâce à Marion : c'est son BFF à l'origine, et c'est devenu le nôtre au fur et à mesure. Photographe/vidéaste/animateur de loto doué, Martin rêve de travailler pour le zapping de Canal et vend des super beaux livres en attendant. On doit avouer qu'on le fait chier pour nous aider sur tout et n'importe quoi, de l'événementiel à nos projets télé : c'est sa faute aussi, il n'a qu'à pas être aussi gentil, patient et doué.

Monna Satellite

Monna a 25 ans et une passion pour les documentaires musicaux. Après avoir terminé ses études d'illustrations médicales et scientifiques (GROSSE CLASSE) et ses cours de psychomotricité, elle est devenue tatoueuse et a vécu dans un squat (BAM ! CA C'EST UNE MEUF QUI A DES COUILLES). Aujourd'hui illustratrice et tatoueuse, son rêve est de s'installer au fin fond des Pyrenées pour profiter à la fois de la mer et de la montagne et de faire son métier dans son jardin, "'A la bien" comme dirait Soprano. C'est tout le mal qu'on lui souhaite.