RETARD → Magazine

samedi, 27 juillet 2013

CRUEL SUMMER

Par
illustration

J’avais fait une première version de ce texte.

Elle n’a pas été approuvée par les filles. Ma première réaction a été d’être profondément vexée.

- « COMMENT ÇA MON ARTICLE EST TROP NÉGATIF ? »

- « Ce n’est qu’un avis personnel, enfin. On ne peut pas terminer la saison là-dessus. »

- « AH OUAIS ? ET SI ON LA TERMINAIT SUR UN « JE T’EMMERDE ? JE PROPOSE HEIN. » 

En le relisant, deux semaines plus tard, j’ai quand même dû voir la vérité en face. J’étais devenue l’espace de 2500 signes un petit caliméro relou. 

L’année qui vient de se terminer a été particulièrement riche. C’est chouette, mais c’est aussi complètement éreintant. Entre le site, qui commence à atteindre les objectifs qu’on lui avait fixés mais qui reste chronophage sans délivrer LE MOINDRE PUTAIN DE CENTIME, les soirées, organisées en parallèle qui connaissent une fois sur deux un succès, Mercredi Equitation, le groupe qu’on a avec Ophélie, mon travail, et tous les problèmes personnels dans lesquels j’ai dû nager pour ne pas me noyer, j’ai eu une espèce de gros coup de mou, et l’envie de tout planter avec les beaux jours. De laisser cet énorme tas de trucs débutés mais pas terminés, là, de m’asseoir dessus et de faire des doigts d’honneur à tous les gens qui essaieraient de me faire changer d’avis.

- « Tu vas tout planter maintenant, alors que ça commence à peine à fonctionner ? »

- « BAH OUAIS »

et j’aurais enclenché un « FOUTEZ MOI LA PAIX » digne de mes six ans, agrémenté surement de quelques mouvements de twerking en me bouchant les oreilles.  

Icona Pop - I Love It (feat. Charli XCX)

RETARD → Magazine - Icona Pop - I Love It (feat. Charli XCX)

Tu vois l’esprit, un peu mutin / un peu débile. Je me suis donc disputée avec tout ce que je comptais comme amis proches, tapé quelques scandales de fille jalouse, et j’ai décidé que la vie puait la merde. Sartre, bien que bigleux, avait raison, l’enfer, c’était les autres. La seule solution était de vivre en ermite.

Après cette politique de la terre brûlée brillamment réussie, je me suis sentie prête à empaqueter mes affaires pour me terrer dans une maison de campagne quasi-abandonnée avec Ninou (c’est mon chien) jusqu’à ce que mort s’ensuive pour développer quelque projet nouveau, secret, et complètement foireux. 

COMME LES DURS À CUIRE.

Pile à ce moment, deux mails sont arrivés dans ma boite aux lettres. L’un était une proposition de sujet génial d’une illustre inconnue. L’autre une confirmation pour l’organisation d’un kara-okay pour un festival qui bute (coucou les mecs de Heart of Glass, Heart of Gold).

Ça m’a émue.

Ça existe donc, des gens qui croient en ce qu’on fait ? Et puis, au dessus de tout cela, la nouvelle maquette de Retard imaginée par Paolo, et Ophélie, Anna, Elsa, prêtes à tout faire pour que ce projet avance encore plus vite. J’ai alors respiré un bon coup, essuyé quelques larmes et je me suis demandé ce que je voulais VRAIMENT faire.

Continuer de polir ce fantasme débile, de « repartir de zéro », sachant que ça ne fait jamais comme dans les films et, qu’en plus, je fais déjà des choses que j’aime plus que tout, c’est à dire écrire et faire de la musique, ou bien persévérer ?

Putain, ce que je peux être conne parfois. C’était évident. Je n’avais aucune envie de lâcher l’affaire.

Retard, comme Mercredi Equitation, comme ma vie personnelle, comme ma vie professionnelle, ne me laissera aucun temps mort, ne me laissera jamais l’esprit tranquille. Ça va être encore long, ça va être encore difficile, je vais surement m’embrouiller avec des gens que j’estime beaucoup, je vais encore organiser des soirées où il n’y aura pas le monde que j’espérais, je vais encore pleurer ma race, toute seule, en attendant que quelqu’un accepte que je me repose un peu sur son épaule, mais je vais quand même continuer.

Ce n’est pas parce que c’est difficile, qu’on doit abandonner. C’est fou cette tendance encore à penser, même à 26 ans, que Rome s’est faite en un jour. Rien de plus faux. Tout travail est pénible, laisse place à des moments de doute, de fatigue, d’énervement, de solitude, de ras le bol. Même Beyoncé le dit, alors.

Et c’est précisément dans ces moments qu’il ne faut pas lâcher. C’est ce qui fera la différence, et qui fera que les instants qui butent buteront plus, parce qu’on s’est accroché comme une moule à un rocher qui attend la fin de la tempête. J’aime bien les métaphores du monde de la mer. C’est surement à cause de mon prénom. 

Alors cet été, on travaillera dans l’ombre, pour vous préparer la plus belle des rentrées. On se retrouvera donc dans un mois avec un nouveau Retard, de nouvelles soirées, et moins de cernes sous les yeux (je te raconte pas à quel point je fais dodo actuellement). On sera souriantes, parce qu’on sera revenues du doute et de l’hésitation, prêtes à faire notre petit bout de chemin avec toute l’énergie qu’il nous reste, pour que ce site, qui commence à trouver son identité, continue de vous plaire, continue de nous plaire, et plaise à tous les nouveaux. On sait qu’il mettra encore sur notre route des gens géniaux, et qu’il nous foutra dans des aventures qu’on avait même pas eu l’audace d’imaginer.

Notre petite entreprise de l’amitié a encore de beaux jours devant elle. Je suis contente de m’en être aperçue avant d’avoir tout envoyé péter. 

On se retrouve en septembre, les petits choux. Reposez-vous et n’oubliez pas que Retard à besoin de vous. Alors on va vous demander un truc.

Faites nous rêver. 

Parlez du site à vos potes. Suggérez la page à vos amis Facebook. Faites nous parvenir vos textes. Ecrivez nous. Envoyez nous des dessins. Proposez nous vos services en organisation de soirée, en logistique, en pub. C’est une aventure magique, mais c’est difficile à quatre, avec deux exilées à Austin et Eindhoven. On ne demande qu’à agrandir l’équipe.

On a monté Retard pour rencontrer des gens supers, et on sait qu’ils sont là, derrière leurs écrans. La preuve, c’est qu’on en a rencontré déjà pas mal. Mais on dirait pas non à un peu d’aide. Merci à toi, du fond de nos petits cœurs  si tu nous l’as déjà proposé (je pense notamment aux gentils gens de la soirée Kara-okay, à tous les petits nouveaux de cette année, ainsi qu’à tous les anciens, collaborateurs réguliers ou sporadiques. On fait des bisous à Vice, Applause, Phenum, l’oeil de l’Aigle, la Galerie Le Mat, le Phonographe et tous les collectifs avec qui on a eu la chance de bosser de près ou de loin).

On te sollicitera surement, encore. Pour les autres, tu sais, t’as tout l’été pour nous emmener ailleurs. On a besoin de savoir que tu es là pour prendre de nouveaux risques. Sans toi, sans ton engagement de lecteur, sans la promesse de te voir, de te lire, on n’existe pas, en fait.

Alors on t’attend. Bisou, et passe le meilleur mois d’aout possible. Et n’oublie pas de te mettre de la crème solaire. Il parait que ça tape dehors. 

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Marine

Leader Autoritaire
Marine est née en 1986 et vit avec un petit chien trop mignon. Après avoir joué avec des groupes de filles ultra classes d'après les autres membres (Pussy Patrol/Secretariat/Mercredi Equitation), elle gagne sa vie en écrivant sur des sujets cools et se la pète déjà un peu. Ca ne l'empêche pas de traîner en pijama dégueulasse le dimanche en essayant de twerker mal sur du William Sheller. L'AMOUR PROPRE C'EST DÉMODÉ OKAY.

Anna Wanda

Directrice Artistique et illustratrice
Anna est née en 1990 et se balade avec un collier où pend une patte d'alligator. Graphiste et illustratrice particulièrement douée (sans déconner), elle n'est pas franchement la personne à inviter pour une partie de Pictionnary. Toujours motivée et souriante, c'est un rayon de soleil curieux de tout et prêt à bouncer sur un bon Kanye West, tout en te parlant de bluegrass. Par contre, elle a toujours des fringues plus jolies que toi. T'as donc le droit de la détester (enfin tu peux essayer, perso j'y arrive pas). SON SITE PERSO: http://wandalovesyou.com