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lundi, 14 décembre 2015

Elisabeth, superstar de mon cœur

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Aujourd’hui encore, il m’est impossible de dater le début de mon engouement pour Elisabeth et sa famille. On ne lisait pas de magazines labélisées « royauté » dans ma famille. Je n’ai jamais entendu ma mère ou mes grands-parents mentionner les Windsor, ni même vu traîner un livre sur le sujet. Et même la fixette de mon oncle pour Napoléon m’était inconnue jusqu’à récemment. Ma passion pour la reine d’Angleterre est récente. Une inclinaison d’adulte. Je ne suis pas pour autant monarchiste ou royaliste, je ne voue pas un culte aux différentes cours royales et je ne voudrais pour rien au monde être princesse ou reine. Trop de gens qui vous regardent.

J’ai rencontré à l’université une amie, Britannique par sa mère, et qui porte le prénom de l’arrière-arrière-grand-mère d’Elisabeth. Sans être complétement fan, je pense qu’il y a en elle une certaine fierté mêlée de ce vague sentiment de gêne -que j’attribue à son côté  français- d’être un sujet de la reine. Elle n’avait pas un musée d’objets à l’effigie de la reine chez elle mais seulement des détails, un peu kitch, que j’avais adorés. Je me souviens seulement d’une tasse. Un mug commercialisé pour le mariage du prince Charles avec Lady Di. Dès que je l’ai vu, je l’ai voulu ! Je l’ai finalement reçu comme cadeau de Noël il y a deux ans. Je dis ça l’air de rien mais, en vrai, la joie dans mon cœur est toujours intacte. Quand je bois mon thé avec, je me sens tout de suite Catherine comme dirait Marine. 

Bref, tout ça pour dire que depuis plusieurs années, je voue une passion pour la reine Elisabeth. Un culte alimenté depuis peu par mon nouveau boulot puisque je travaille pour un titre de presse spécialiste des têtes couronnées. « Les people d’exception » dans le jargon. On m’a proposé cette place un peu par hasard, je n’y avais jamais pensé mais il se trouve que ce poste correspond tout à fait à mon goût pour l’histoire et le destin des rois et des reines. Pour Stéphane Bern. Pour les docu historiques. Et pour Lilibeth comme l’appelaient ses parents.

Sur mon bureau, on trouve évidemment une reine qui bouge la main, un drapeau du Royaume-Uni, ma tasse et un crayon avec une couronne. Il y a aussi ce que je ne ramènerai pas de chez moi : diverses cartes postales un peu moches mais assez drôles, un posters géant de Kate et William le jour de leurs fiançailles, une photo du prince Charles sur laquelle je le trouve plutôt sexy, une bio d’Elisabeth « empruntée » au bureau et un numéro hors-série  du magazine Country Life, référence absolue pour l’aristocratie britannique, sorti pour son jubilé de diamant en 2012 et honteusement volé dans le lobby d’un hôtel londonien. Une collection qui n’est pas énorme, vous en conviendrez.

En face de moi les après-midis, ma collègue spécialiste de la cour de Grande-Bretagne. Une pointure, oui Madame. Elle a écrit un livre sur la reine. Déjà, ça pose. Mais elle a surtout rencontré la reine ! A Buckingham. Et elle lui a PARLÉ ! J’ai failli faire une syncope quand elle me l’a dit. Elle est mon héros, celle qui connait toutes les anecdotes sur Elisabeth et son mari, le prince Philip.

Elle fait accessoirement partie de ce « pool » de journalistes spécialistes qui sont  régulièrement invités à la radio ou à la télévision pour parler de la famille royale quand se profile à l’horizon un mariage, une  naissance, un  jubilé ou un record. Et justement, Elisabeth vient d’en battre un, de record. Elle est, depuis début septembre 2015, la monarque britannique à avoir régné le plus longtemps, dépassant son arrière-arrière-grand-mère, la reine Victoria. Si ce n’était pas fait -j’en doute-, la voilà rentrée dans l’Histoire. 

Alors que tout le monde n’a d’yeux que pour Kate Middleton -que les puristes de l’étiquette me pardonnent ce raccourci facile, elle doit désormais être appelée Catherine, duchesse de Cambridge-, alors que la mort de Lady Di n’a pas été digérée par tout le monde et que Harry continue de faire fantasmer les jeunes roturières -j’en fait partie-, la reine a pour toujours mon admiration totale. Mon  indéfectible et absolu amour.

Elle est née en 1926, une époque où les mœurs et les esprits étaient tellement différents de maintenant, au sein d’une caste aristocratique qui a perdu en quelques décennies de capitalisme sa raison d’exister. Il a fallu qu’elle exerce son métier de reine alors que le monde se transformait, au point de remettre en cause sa seule présence. Et malgré les crises qu’a essuyées la monarchie, elle a tenu bon. Elle a toujours sa couronne sur sa tête. Elle est toujours la personnalité royale préférée des Britanniques. A son accession sur le trône en 1952, elle était surtout une des rares femmes à avoir une visibilité politique -bien que sa  réelle marge de manœuvre soit quasi-nulle. Elisabeth II, c’est un peu la Beyoncé des années 50. Elle dégage une douceur teinté d’une volonté de fer qui me fascine. Elle m’impressionne mais en même temps, j’ai envie de la serrer dans mes bras. J’aimerais assez qu’elle soit ma troisième grand-mère je crois. Et rien que pour ça, je l’aime.

Si, malgré mon article et les gifs sympas que j’ai trouvés, tu n’aimes toujours pas la reine Elisabeth, j’ai compilé six anecdotes pas piquées des hannetons sur elle pour te décider.

Fana de télévision, elle regarde chaque dimanche soir la série britannique Downton Abbey qui se déroule entre les années 1912 et 1925, pendant le règne de son grand-père, George V. Les informateurs les mieux placés expliquent qu’elle arrive à relever chaque anachronisme de la série, de la décoration militaire qui n’avait pas encore été créée en 1925 ou le modèle de voiture qui apparait avec neuf ans d’avance. Du coup, quand je regarde un épisode, je ne peux pas m’empêcher de penser à elle.

A l’âge de 12 ans, pendant la Seconde Guerre mondiale, elle enregistre son premier message radiophonique à l’intention des enfants britanniques envoyés dans les pays du Commonwealth en vue d’une invasion allemande. Et déjà, elle assure : pas une bredouille, pas d’hésitation et une bienveillance naturelle dans sa voix. Clap clap, bravo.

Children's Hour Broadcast

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Elle sait lever le coude. Mais pas de bière pour Elisabeth, grands dieux non. Les happy hours, connaît pas. Liz commence plus tôt que ça. Tous les jours avant le déjeuner, elle boit un cocktail que sa mère buvait déjà à l’époque et préparé par son majordome selon un dosage très précis : 2/3 de Dubonnet avec 1/3 de gin. Ajoutez une tranche de citron et deux glaçons par-dessus, voilà la boisson préféré de la reine, qui contrairement à ce qu’elle aimerait faire croire lors des réceptions, ne boit pas que de l’eau…

A part les chevaux et les corgis -des petits chiens un peu gras et courts sur pattes dont elle a la passion depuis son enfance- Elisabeth aime sortir ses boîtes de puzzles pour les longues soirées d’hiver. Petits, moyens, géants, avec des chiens, des fleurs ou des châteaux, c’est son hobby détente après une journée bien pourri. Let’s get the party started.

Dans un documentaire tourné sur la famille royale en 1969, « Royal Family », Elisabeth, qui souhaitait montrer à son peuple qu’elle était une reine « normale », a laissé pendant un an les caméras la suivre pendant ses courses à l’épicerie du village avec son petit porte-monnaie, dans sa cuisine en train d’essorer la salade et pendant un pique-nique dominical, un peu gênée des  blagues d’un goût douteux de son mari. Les lofteurs avant l’heure. Un docu pas fiction priceless, mais désormais introuvable.

"Royal Family" Documentary 1969

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Le prince Philip, duc d’Edimbourg, né prince de Grèce et de Danemark, mari de la reine et accessoirement son cousin au troisième degré, a 94 ans et toutes ses dents (en vrai, je pense que non). Celui qui a ravi le cœur de la reine est surtout connu pour avoir un humour très borderline. Le roi de la gaffe. Le petit caillou dans la chaussures de la reine. Un exemple parmi de nombreux : en 1965, alors qu’il visite avec son épouse une exposition d’art primitif en Ethiopie, il balance devant tout le monde que ça ressemble « aux trucs que ma fille pourrait ramener de l’école ». Malaise royal. 

Caroline

Caroline est née en 1985 et a toujours la petite pochette qu'il faut. Journaliste pour un site sur les têtes couronnées, elle est incollable sur les mariages et les potins princiers. Attention néanmoins aux clichés hein les poussins, c'est aussi la détentrice de la plus grande collection de photos dégueulasses mettant en scène des gens pas vraiment au top du hip-hop. Une archéologue de l'internet "EWWWW", si vous voulez notre avis. Son TUMBLR : http://uglyandthebeach.tumblr.com/

Anna Wanda

Directrice Artistique et illustratrice
Anna est née en 1990 et se balade avec un collier où pend une patte d'alligator. Graphiste et illustratrice particulièrement douée (sans déconner), elle n'est pas franchement la personne à inviter pour une partie de Pictionnary. Toujours motivée et souriante, c'est un rayon de soleil curieux de tout et prêt à bouncer sur un bon Kanye West, tout en te parlant de bluegrass. Par contre, elle a toujours des fringues plus jolies que toi. T'as donc le droit de la détester (enfin tu peux essayer, perso j'y arrive pas). SON SITE PERSO: http://wandalovesyou.com