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mercredi, 14 décembre 2011

ODE À CLAUDE

Par
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Depuis Porte d’Italie, Vincent et moi on supporte tout serré dans la 106 Papa Normand et son humeur de merde, SALOPERIE D’EMBOUTEILLAGES / ROUTE DE MERDE / TU SAIS PAS UTILISER LE GPS / IL RESTE PLUS DE PAINS AU CHOCOLAT quant après une heure de route nous arrivons enfin. On est en avance pour la visite de 14h, alors pour nous faire patienter, « angry daddy » nous dépose à la sortie du village.

« C’est ici qu’il est enterré, vous voulez aller le voir ? Je reste dans la voiture, C’EST DU JAMAIS VU CE QUE VOUS FAITES HEIN »

 

La statue grandeur nature de Cloclo 

On est donc à 60 kilomètres de Paris, au milieu de nulle part, perdus entre deux champs d’où ne filtrent aucun bruit. Le froid gifle ma gueule de bois. Au fond du cimetière de Dannemois se trouve la tombe de Claude François. Pour être sur de ne pas la rater, une statue grandeur nature en bronze de l’idole surveille les endormis à jamais. C’est une oeuvre commandée par le fan club belge « Magnolias for Cloclo », c’est indiqué par une petite étiquette. Le socle est noyé par une vague de plaques de marbre aux messages ultra-touchants écrit surement à la force de quelques larmes de groupies. Mon coeur se brise un peu. 

« Au coin de nos rêves nous t’avons rencontré, au coin de nos rêves nous ne nous quitterons plus jamais »

Dans la vie des gens, il y a souvent des choses qu’on ne comprend pas, et dans la mienne, il y a Claude François. Je découvre avec le succès du film « Podium » en 2003 l’auteur de toutes ces chansons de merde qui te font te rasseoir même bourré au mariage de Tonton Marc. Un sujet fascinant qui monte son propre magazine, parce qu’il trouve qu’on parle pas assez de lui dans ‘Salut les Copains’. Quelqu’un qui cache son deuxième fils pendant 5 ans et demi, ne le sortant jamais en même temps que le premier pour faire croire qu’il n’y en avait qu’un, le bien nommé CLAUDE FRANÇOIS JUNIOR (déjà ça si c’est pas abusé). Un homme dont le paillasson est constamment squatté par des jeunes femmes en rut qui essaieront de mettre fin à leurs jours quand il aura l’idée TOTALEMENT CONNE de replacer l’applique de sa salle de bains du Boulevard Exelmans.

C’est une belle oeuvre que m’a envoyée Vincent après notre visite au Moulin.

Visiter le moulin de Dannemois, ça fait plus de quatre ans que c’est mon rêve. Depuis que j’ai vu ce reportage consacré à Jocelyne.

CHECK MEC 

Jocelyne, c’est à Dannemois qu’elle se sent chez elle. C’est là ou se trouve la maison de campagne de Cloclo, le moulin de son coeur. Vendue par sa famille après sa mort, puis abandonnée, pillée par les fans (notre guide nous confiera que certaines poignées de portes ont étés récupérées chez des groupies menacées de poursuite judiciaires), le moulin est ensuite repris par un couple en 1998 qui s’échine depuis à la remettre en état comme en 1978, année de la mort de Claude (c’est comme ça qu’on l’appellera à partir de maintenant). Pour récolter des fonds, des fans bénévoles qui, comme Jocelyne, connaissent tout, font visiter l’endroit. Ils récupèrent au fur et à mesure ses meubles ou des copies identiques, refaçonnent cet endroit en un Versailles kitschos coincé dans les années yéyés pour le Roi Soleil de la varietoche. Et ça fait flipper un peu. Chaque tournant, chaque ouverture de porte, on s’attend à croiser la chevelure dorée de l’auteur de « Belinda ». 

Alors qu’on arrête de me faire chier avec Memphis

Il y a aussi un Graceland en Seine et Oise. 

Aujourd’hui samedi 14h en raquant 12 PUTAINS D’EUROS CHACUN, on fait la connaissance de Brigitte, qui sera notre guide. En se retournant, on comprend vite qu’on sera tous les trois en tête à tête. Il faudra qu’on pose des questions, même si on s’apercevra vite qu’il sera difficile d’en placer une avec Bri-bri. 

Elle commence cash sa visite, et illustre ses propos avec un classeur violet dans lequel elle cache son « Ici Paris ». Dedans, une centaine de pages regroupe toutes les informations qu’elle a pu trouver sur le moulin, qu’elle ponctue d’anecdotes. Depuis 1979, elle mène une enquête sans fin, interrogeant les 47 clodettes, Coco (et oui, c’est le surnom de Claude François Junior, PAS DE BOL) et Marc ses enfants, ses ex-compagnes. Brigitte est l’incarnation de la page wikipédia de Claude. Sans alliance certes, mais avec presque la même coupe de cheveux.

Une plaque dans le jardin pour ne JAMAIS OUBLIER.

Nous n’avons pas le droit de prendre des photos à l’intérieur. Pas de problème. On ne s’assoit pas sur le mobilier de Claude, même elle ne le fait pas. No soucy encore. Brigitte est très dure, mais il est encore là, son âme est dans ses murs et ça serait lui manquer de respect. Quand elle a fini par comprendre qu’on allait pas déconner avec ses affaires (nous ? toucher le fauteuil de Claude ? PLUTOT CREVER)  elle s’est un peu détendue la nouille. Puis elle a commencé à nous envouter. Au fur et à mesure de la visite, on assiste à plein de petits moments magiques et glauques, témoin d’une dévotion que je ne pensais possible que dans la religion. Sa passion pour ce mec mort depuis plus de trente ans c’est son petit moteur, le truc qui la fait se réveiller le matin, et qui la fait tellement vibrer que ça lui fait traverser très rapidement plusieurs émotions, comme les enfants, passant  

DE LA JOIE

« Vous savez, Claude, c’était un esthète. Une fois, alors que sa soeur sortait son service, il lui a dit « mais qu’est ce que c’est que cette horreur » hihihihi et puis il lui en ai fait livrer un autre le lendemain. Ah oui, il était comme ça Claude hein, il aimait le beau. »(En continuant la visite on découvrira une des lampes de son salon, une horreur faite à partir d’un vase chinois, et puis des tableaux dégueus réalisés par un ami peintre) 

AU MÉPRIS

L’éclair qui s’allume dans ces beaux yeux gris, Brigitte nous parle de Janet, sa première femme, morue qui s’est barrée avec Gilbert Bécaud. Aucun vilain mot ne sortira de sa bouche. Parce que « vous savez hein, Claude, il a eu trois grandes blessures dans sa vie : son départ d’Egypte, l’absence de son père, et puis, la rupture avec Janet. Ah ça oui, elle lui a BRISÉ LE COEUR ». 

À LA PEUR

On arrive dans la chambre de Claude, où sont conservés religieusement ses flacons de parfums vides, les vasques de sa salle de bain -mais pas son bidet qu’on ne retrouve pas – et son peignoir de chambre brodé à ses initiales. Notre guide s’aperçoit soudain que la lumière (du mois de décembre hein) perce la fenêtre et vient caresser le VÉRITABLE DESSUS DE LIT en cuir (!) rose et noir de Claude. Elle interrompt la visite pour fermer le volet.

« J’aimerais pas qu’il déteigne, ah ça non »

La piscine, qui, en son temps, avait une sono intégrée, se déclenchant quand on était le premier dedans, et s’arrêtant quand le dernier en ressortait. TROP COULE.

ET PUIS L’EXCITATION

Derrière la piscine « en forme de palette, mais aussi de cœur »  se cache un mini-musée sombre aux néons un peu dégueus qu’il faut allumer en entrant. Ambiance. On déambule autour de sa garde robe coincée en 1975 et enfermée dans des vitrines conçues comme des caissons à oxygène. Délire de vestes en paillettes de diamant « QUI BRILLENT DE MILLIARDS DE FEUX » et chemises body pour « pas que ça bouge ». Sur les murs, on admire les portraits zarbi peints par des fans et les collages à la gloire de l’idole quand, tout d’un coup, Brigitte pile sans prévenir. 

«C’est un des costumes de Belinda pour le Albert Hall à Londres. Si vous regardez bien, il y a des pliures au coude. »

On checke. C’est vrai.

« Ça, ça veut dire qu’il l’a porté. Et qu’il y a surement…un peu de SA TRANSPIRATION » 

Un ange passe. Surement Cloclo qui part au tennis avec Mike Brant. 

Le moulin de dehors, une propriété assez chouettos.

Elle finit par nous déposer devant l’entrée et continue de parler de la date des lambris ou des femmes de sa vie dont elle ne fera malheureusement jamais partie. Brigitte essaie gentiment de nous brancher sur la soirée du 17 décembre, qu’on refusera poliment. On rate ainsi un diner animé par Prisca, une des clodettes, et puis un sosie qui «ne copie pas Claude, HA CA NON, il lui rend hommage », puis nous dit au revoir de son plus beau sourire. 

On repart quant à nous un peu sonnés avec un Calendrier périmé, 3 cartes postales, et le cerveau blindé d’informations sur un chanteur yéyé à la discographie majoritairement pourrie, dont l’âme continue de flotter paisiblement dans ce sanctuaire gardé vaillamment par de jeunes retraitées se relayant du lundi (au soleil) au dimanche pour qu’il vive encore un peu. Mon petit cœur de conasse parisienne venue se divertir le weekend dans ce confessions intimes un peu trop vrai a été effleuré par le vrai amour sans retour. 

Bien joué Brigitte.

Ça fait une semaine que j’écoute en boucle « Comme un chanteur malheureux ».    

Claude François - Le Chanteur Malheureux (1975)

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Marine

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Marine est née en 1986 et vit avec un petit chien trop mignon. Après avoir joué avec des groupes de filles ultra classes d'après les autres membres (Pussy Patrol/Secretariat/Mercredi Equitation), elle gagne sa vie en écrivant sur des sujets cools et se la pète déjà un peu. Ca ne l'empêche pas de traîner en pijama dégueulasse le dimanche en essayant de twerker mal sur du William Sheller. L'AMOUR PROPRE C'EST DÉMODÉ OKAY.

Anna Wanda

Directrice Artistique et illustratrice
Anna est née en 1990 et se balade avec un collier où pend une patte d'alligator. Graphiste et illustratrice particulièrement douée (sans déconner), elle n'est pas franchement la personne à inviter pour une partie de Pictionnary. Toujours motivée et souriante, c'est un rayon de soleil curieux de tout et prêt à bouncer sur un bon Kanye West, tout en te parlant de bluegrass. Par contre, elle a toujours des fringues plus jolies que toi. T'as donc le droit de la détester (enfin tu peux essayer, perso j'y arrive pas). SON SITE PERSO: http://wandalovesyou.com