RETARD → Magazine

lundi, 28 mai 2012

R. STEVIE MOORE A DORMI DANS MON LIT

Par
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Ils ont une heure de retard. Et comme des adolescentes en chaleur on attend sur le palier de la maison en guettant le moindre truc au loin qui pourrait ressembler à un van. 

Bon honnêtement, trois jours avant leur arrivée, je savais foutrement rien de Stevie Moore. Surement comme tous les connards qui ont posé leur cul sur l’herbe du Parc de La Villette, pour venir voir Ariel Pink ce samedi.

« Non mais tu vois Ariel Pink, il a trop révolutionné le Lo-Fi sérieux. Mais putain c’est qui le vieux habillé en pyjama à côté de lui sur scène? »

R. Stevie Moore - Why Should I Love You? (1986)

RETARD → Magazine - R. Stevie Moore - Why Should I Love You? (1986)

Stevie Moore. Né à Nashville en 1952, fils du bassiste d’Elvis Presley et presque quarante ans de vie autistique à enregistrer dans sa maison des milliers de titres avec son enregistreur à bande. Près de 400 albums à son compte, mais jamais signé jusqu’à l’année dernière. Ne comptant que sur sa base fan à qui il envoie des cassettes copiées par lui même.

Ariel Pink et MGMT en ont fait leur mentor et peu à peu la presse spécialisée s’est donc enfin réveillée. Cette année il tourne partout en Europe et fait la couv’ de WIRE, présenté comme le pape du Lo-Fi, vous l’avez peut-être aperçu à la Villette Sonique ce weekend. 

Ma coloc est partie en tournée avec eux l’année dernière, alors il y a deux semaines, quand on a su qu’ils venaient à Montréal, on leur a offert l’hospitalité.

Ils sont venus à six. C’est drôle, ils ont tous la trentaine, excepté Stevie, et pourtant il paraît le plus ingérable de tous. Quand ils refusent quasi tous la deuxième bière parce que demain il y a de la route, Stevie est déjà en train de piétiner des pieds pour qu’on lui trouve d’autres bouteilles de vin pour la soirée. Je sens qu’il ne va pas falloir le contrarier. Mais bonne nouvelle, il vient de recevoir un mail de la BBC qui veut faire un reportage sur lui. Je suis heureuse de les avoir dans mon salon, il y a un truc hyper fraternel dans le fait d’accueillir des groupes chez soi. On fait en quelque sorte partie de la même famille, tu es musicien alors je t’offre un toit et un couvert parce que je sais que tu feras pareil pour moi quand je viendrais dans ta ville. Bon parfois on dort sur un tapis qui pue la bière, mais c’est les aléas de la vie de bohème ça. 

Ce soir ils jouent à Il Motore, une petite salle au Nord de Montréal. Soundcheck de dix minutes, table de merchandising avec uniquement des CD gravés et son seul vinyle sorti chez The Prince’s Stable. 

Pendant qu’on bouffe nos nouilles sautées, que Stevie a fini de courir partout dans la rue (il aurait fait le poirier que ça nous aurait pas choqué), Jeff Barbara ouvre le concert. Et j’en arrête de manger tellement le beat fait bouger ma tête. J’ai devant moi un nouveau Prince, charismatique et déterminé à nous faire jouir d’une pop sexy et sale. Y’a qu’à voir son titre Wild Boys, ça commence dans un local à poubelles :  

Jef Barbara - Wild Boys

RETARD → Magazine - Jef Barbara - Wild Boys

Et puis R. Stevie et son band montent enfin sur scène. Ils ont l’air de bien s’amuser, alors moi aussi, si seulement je pouvais comprendre la totalité des blagues qu’ils font en anglais. 

Et puis j’arrive pas à savoir ce que j’écoute, c’est tellement imbibé de tout : garage, power pop, expérimental, folk…. brouillon dans la forme, mais plutôt salvateur dans le fond.

R. Stevie Moore - I Like To Stay Home (1986)

RETARD → Magazine - R. Stevie Moore - I Like To Stay Home (1986)

C’est un peu la kermesse ce concert. On rigole, on fait des blagues ensemble, il revient à quatre pattes pour le rappel et je me dis que ce type fera des gros fuck à la vie jusqu’à la fin. Il me fait penser à Bukowski. Après le concert on continue de boire et je suis heureuse de le voir aussi curieux qu’un enfant de cinq ans. Je lui fais découvrir King Khan and The Shrines, il me demande de lui faire écouter ce que je fais, et allume constamment son dictaphone   . 

Je crois qu’il emmerde le Lo-Fi, et qu’un jour il testera l’auto-tune, il est bien trop curieux. Un featuring avec Keisha ne lui ferait pas peur c’est certain.

  

 Mais il est tard et papi s’est endormi sur le canapé, on le force à se mouvoir jusqu’à ma chambre, là où il s’y affale les bras et jambes en étoile. Demain matin à 7h il sera déjà connecté sur facebook. Il aura partagé 5 de mes photos de profil sur son mur, envoyé 4 vidéos, 2 mails, et plusieurs commentaires dont un où il me demande en mariage. 

À cette heure-ci j’hésite encore quand même.

Ophelie

Ophélie est née en 1988 et un super putain de vélo. Leader de groupes de filles aussi ultra classes ( Fury furyzz et Mercredi Equitation), la jeune donzelle au casque d'or dorénavant chroniqueuse radio et constellée de tatoo fait parfois un peu flipper. Elle crie fort, quand même. Mais au cas où, rappelle toi ces propos: elle fait les soldes chez Jennifer, et possède la larme facile à l'écoute d'un bon vieux titre de son cd de dance machine 2001. Un coeur en chamallow on t'a dit.

Anna Wanda

Directrice Artistique et illustratrice
Anna est née en 1990 et se balade avec un collier où pend une patte d'alligator. Graphiste et illustratrice particulièrement douée (sans déconner), elle n'est pas franchement la personne à inviter pour une partie de Pictionnary. Toujours motivée et souriante, c'est un rayon de soleil curieux de tout et prêt à bouncer sur un bon Kanye West, tout en te parlant de bluegrass. Par contre, elle a toujours des fringues plus jolies que toi. T'as donc le droit de la détester (enfin tu peux essayer, perso j'y arrive pas). SON SITE PERSO: http://wandalovesyou.com