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lundi, 13 juin 2016

Rencontre avec Guillaume Meurice

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Pour sa chronique « Le moment Meurice » que l’on peut entendre sur France Inter dans l’émission « Si tu écoutes, j’annule tout », Guillaume Meurice se balade de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet à l’expo Barbie en passant par le dernier meeting de Marine Lepen. Mais, on peut le retrouver sur les planches dans son spectacle « Que demande le peuple ». On a rencontré ce comique qui étrille l’actualité pour montrer du doigt la bêtise humaine et les contradictions de chacun.e en promenant son micro un peu partout.

Entre les chroniques radio et sa présence au théâtre, on a l’impression qu’il n’arrête jamais. Il nous a d’ailleurs accordé cette interview à 23h passées. Quand on lui demande s’il lui arrive de dormir, il relance avec humour : « Ah merde ! C’est ça que j’ai oublié ! Mais il va falloir que j’y pense si je ne veux pas me retrouver avec les yeux aussi cernés que Patrick Balkany par les affaires judiciaires. » L’humoriste impose son style corrosif. Tout le monde y passe, du salon de l’érotisme aux Panama Papers, ses chroniques égratignent. Il choisit ses sujets au gré de l’actualité. «Selon les évènements qui y sont liés, et l’angle que tout cela m’inspire (ou pas). J’essaie de varier les plaisirs. Tous les jours une chronique sur le salon de l’érotisme, ce serait trop. Idem, pour la politique. Ce serait redondant. Dans les deux cas, il s’agit au final de se faire baiser. » C’est cette aptitude à rire de tout, avec un goût très prononcé pour les affaires politiques, qui lui a valu d’être qualifié par Vanity Fair de « gauchiste-écolo-féministe ». « C’est mon personnage public. Parce que dans la vraie vie, qui vous dit que je n’ai pas un autocollant « I love MEDEF » collé sur mon 4×4 diesel dont l’autoradio crache des chroniques d’Eric Zemmour à fond ? Ah ah ah ah !! (rire du style celui d’un méchant dans un film américain. Mais genre très très méchant. Genre tout personnage qui ne serait pas un américain dans un film américain) ».

Malgré tout, on l’imagine mal avec un rire de méchant de film américain, à moins qu’il n’incarne un espion soviétique dans un film sur la Guerre Froide, lui qui a joué le communicant de Valls salle Maurice Thorez à Tarnos. Paradoxal ? « C’est vrai. Pour équilibrer, je vais préparer un spectacle basé sur des discours de Georges Marchais que je jouerai à la salle Michel Sardou. Tu nous manques Michel. »

C’est en 2012 que Guillaume Meurice a rejoint les équipes de Radio France. « En passant une audition un mois de juillet 2012 pour une nouvelle émission intitulée « On va tous y passer ». Tout simplement. Même pas besoin de coucher. C’est vexant. » Aujourd’hui, on peut l’entendre dans « Si tu écoutes, j’annule tout ». La bande de Charline Vanhoenacker amuse, dégage une image de décontraction, un peu comme une bande de potes avec laquelle on aimerait bien aller boire un verre après le boulot. Quand on lui demande comment c’est de travailler à France Inter, que Marine Le Pen avait joliment appelé « Radio Bolcho » il y a quelques années, l’humoriste s’amuse encore : « c’est absolument horrible ! Je me retrouve dans la position paradoxale pour moi d’un mec qui aime sa patronne ! C’est un sentiment étrange qui a sans doute à voir avec le syndrome de Stockholm. Appelons ça le syndrome de Bruxelles. »

Sur internet, on peut tomber sur un article dont le titre est « Le journaliste Guillaume Meurice, un nazi tueur d’enfants qui squatte illégalement un appartement », mais le comique semble rire de tout, même de ses détracteurs. « Je suis très admiratif des gens qui écrivent ce genre d’articles. Parce que personnellement, quand j’ai envie de vomir, je vais me cacher dans les toilettes. Eux, ils assument de vomir publiquement. Ils ont le dégueulis décomplexé. Chapeau ! » Hyper accessible et très disponible, de Facebook à Twitter, le comique attire l’ire de certain.e.s. Encore récemment, l’un d’eux s’est fendu d’une lettre après une chronique dans laquelle il évoquait le cardinal Barbarin. « Le truc le plus dingue est que les gens qui ne m’apprécient pas semblent beaucoup mieux renseignés que moi sur le métier de ma mère qu’ils prétendent prostituée. Du coup, comme le lien semble évident entre moi et leur misère sexuelle, il me paraît légitime de lui demander un pourcentage. Bisou maman. »

Végétarien, féministe, résolument de gauche. On a un peu l’impression que son public, ne peut être fait que de bobos trentenaires de gauche. « Sans doute. Mais j’ai conscience qu’il faut que je fasse des efforts pour élargir mon audience. Par exemple, les extrémistes religieux semblent me bouder. Alors je travaille là dessus. Et je me rends compte que c’est finalement plus facile de croire en Dieu qu’aux promesses de François Hollande. »

Anna Wanda

Directrice Artistique et illustratrice
Anna est née en 1990 et se balade avec un collier où pend une patte d'alligator. Graphiste et illustratrice particulièrement douée (sans déconner), elle n'est pas franchement la personne à inviter pour une partie de Pictionnary. Toujours motivée et souriante, c'est un rayon de soleil curieux de tout et prêt à bouncer sur un bon Kanye West, tout en te parlant de bluegrass. Par contre, elle a toujours des fringues plus jolies que toi. T'as donc le droit de la détester (enfin tu peux essayer, perso j'y arrive pas). SON SITE PERSO: http://wandalovesyou.com